Lecture théâtralisée
Au fil de la correspondance
Décembre 1931 : première rencontre entre Henry Miller et Anis Nin. Henry Miller vient de quitter récemment les États-Unis pour s’établir à Paris dans l’objectif d’y devenir écrivain. La capitale est pour lui la ville rêvée, elle le met en état d’alerte, en ébullition. Tout l’attire : les femmes, les putains, les bars, les rues, leurs noms étranges, les rencontres du hasard, les cinémas, le milieu artistique, les surréalistes… Anaïs Nin vit avec son mari à Louveciennes et continue l’écriture de son journal intime qu’elle tient depuis l’enfance. Une amitié naît entre eux puis rapidement la passion les gagne. Dans le Paris des années 30, Henry et Anaïs deviennent amants, ils correspondent, ils s’aiment, ils créent ensemble. Miller publie Tropique du Cancer (1934), Anaïs poursuit sa quête intérieure : naissance à l’art, naissance à la vie. Au travers de leur correspondance et du journal intime d’Anaïs Nin, notre adaptation raconte la quête sentimentale, sensuelle, spirituelle, artistique et humaine de deux artistes hors-du-commun.
Biographies

Anaïs Nin (1903-1977)
Née à Neuilly-sur-Seine, Anaïs Nin connaît une enfance marquée par les voyages et le départ de son père. À l’âge de onze ans, elle commence à tenir un journal intime, pratique qu’elle poursuivra tout au long de sa vie.
Installée à Paris à partir de 1924, elle fréquente les milieux littéraires et artistiques de l’époque. Son œuvre explore principalement l’intime, les relations humaines, le désir et la construction de soi. Auteure de récits et de nouvelles, elle reste principalement connue pour son Journal, devenu une composante centrale de son œuvre. Sa relation avec Henry Miller, notamment révélée dans la version non expurgée de ce journal, constitue également un épisode important de son parcours personnel et littéraire.

Henry Miller (1891-1980)
Né à New York dans une famille d’origine allemande, Henry Miller grandit à Brooklyn. Après avoir exercé plusieurs métiers, il se tourne progressivement vers l’écriture. En 1930, il s’installe à Paris, où il trouve un environnement intellectuel et artistique déterminant pour son œuvre.
Ses romans, largement inspirés de son expérience personnelle, interrogent la liberté, le désir, la création et la place de l’individu dans la société. Son écriture, directe et autobiographique, contribue à renouveler les formes du récit au XXe siècle. Parmi ses principales œuvres figurent Tropique du Cancer (1934), Tropique du Capricorne (1939) et Le Colosse de Maroussi (1941).
L’équipe artistique

Jacques Lallié se forme à l’art dramatique auprès de Jean-Félix Cuny, Alain Stach, Daniel Lemahieu, Alain Enjary et Arlette Bonnard, Zygmunt Molik, Jorge Parente, Didier Delcroix. En 2004, il fonde sa propre compagnie de théâtre : la Cie Aël qui produit des spectacles et propose des cours de théâtre. Il joue notamment le rôle d’Henry Miller dans sa propre adaptation de la correspondance entre Henry Miller et Anaïs Nin mise en scène par Pascale Roger. Il interprète également le grand poème de Fernando Pessoa « Passage des Heures » dans une mise en scène d’Isabelle Desage. En 2021, il lance avec son camarade de jeu Philippe Poirier une émission radiophonique dédiée à la poésie sous l’égide des « Vagabonds Célestes ».

À la fois comédienne, metteuse en scène et directrice artistique de la compagnie Insolence is beautiful !, Corinne Menant commence la comédie au collège et participe à de nombreux ateliers de théâtre amateurs avant de se professionnaliser. Elle se perfectionne régulièrement auprès de professionnels tels que Claudie Guillot, Sophie Thebault, Gérard Chabanier, Yves Marc et plus récemment auprès de Julie Timmerman, Elise Noiraud et Jean Philippe Daguerre au sein du collectif du Libre Acteur. En 2019, Corinne crée sa compagnie : Insolence is beautiful ! et participe en 2021, 2022 et 2024 au Festival off d’Avignon avec deux de ses créations : Une fille sans personne de Carine Lacroix et Romantico modern, spectacle poétique et musical d’après la poétesse Szilvia Deak. Après quoi elle signe sa quatrième création : Samedi soir il ne manquait que toi, de Maria Stella Milani.
Photographies

Corinne Menant et Jacques Lallié. 2026. © Anne-Laure Espouy.
La Presse en parle

A lire sur La Revue du Spectacle, par Brigitte Corrigou « Correspondance passionnée – Henry Miller et Anaïs Nin » Un duo théâtralisé tout en finesse et élégance
« Correspondance passionnée » par Corinne Menant et Jacques Lallié est un joli moment de lecture théâtralisée, doux et pétillant à la fois, dans lequel l’autodérision, le jeu verbal, les considérations érotiques, les tensions d’affects et affectives émergent avec élégance. Entre écrin lumineux et huis clos intime, tout en douceur de velours, le duo des deux comédiens séduit les spectateurs.
